Pour commencer il y a des chansons écrites et longtemps chantées dans leur grande nudité, guitare et voix.
Et puis le temps d’un week-end des batteries et des basses enregistrées, dans une énergie collective solaire et délicieusement amicale, pour faire un disque.
Beaucoup reste à faire mais son titre est déjà là.
Attendre quelques mois et reprendre les morceaux dans leur nouvelle tenue en laissant le vent s’y perdre.
Commencer à tracer un paysage.
Un paysage inventé, un paysage fabriqué avec patience, titre par titre.

Quelques ami(e)s passent, posent une voix, des violons… J’essaie des trucs, j’efface et je recommence. Beaucoup de guitares, de toute les sortes. Feutrées, galopantes, frappées, dissonantes. En bois, en nylon et bien entendu électriques. Des qui hurlent en sous-main, des qui caressent par devant
Et il y a Nicolas Puaux, grand sachem discret qui pose son oreille gourmande partout, tout le temps. Et aussi Cristian Sotomayor, l’autre sorcier, qui met en son, mixe et conseille pas à pas.

Et chaque chanson une fois enregistrée et mixée vient influencer, colorer la suivante, en résonance ou en opposition, pour finalement dessiner les contours précis d’un horizon proche.
Un horizon peuplé de métamorphoses animales et végétales, de beautés saisonnières, de roches fébriles qui se meuvent avec élégance et délicatesse dans cet espace que délimitent le silence et la chaleur.
Dans une lumière oblique et des climats changeants on trouve les couleurs assumées d’une musique sonique aux influences anglo-saxonnes et la franchise d’une parole en langue française, bien décidée à raconter des histoires. Le  » je » est partout, tout le temps. Un « je » de fiction et de narration, sans nombrilisme.

On y bavarde changement, perte, rapports humains étranges, ce qu’on ne saisi pas ou ce à quoi on renonce.

Et pour que le disque existe réellement, pour le fabriquer, lui donner un corps il y a le crowdfunding, Microcultures.
Une campagne et là soudain on est beaucoup. Une centaine et quelques.
C’est beaucoup d’un coup.
C’est précieux et ça fait un disque.

Un disque qui commence par une question évidente. « Qui ? ». Et se conclut par une affirmation claire ; qu’à tout perdre, « il nous restera la chaleur animale ».
Et ça n’est pas rien.

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